Le passage de la frontière entre l'Inde et le Pakistan n'est pas symbolique.
La traversée n'est possible qu'entre 9h30 et 15h30 (16h côté indien à cause des 30 minutes de décalage horaire).
Ensuite le lourd portail antichar est réellement fermé avec une cérémonie datant de 1948 : nous y avons assisté côté indien
mais l'équivalent (on devrait dire "concurrent") se déroule côté pakistanais.

Une foule de patriotes, d'étudiants et de touristes se masse chaque soir sur des gradins pour
assister à des démonstrations assez stupéfiantes de pompe post-colonialiste. Certains spectateurs
s'emparent à tour de rôle d'un drapeau et courent des tribunes aux portes sur le point d'être fermées en hurlant
des slogans et "Hindoustan zindabad" (Vive l'Inde). Des haut-parleurs sursaturés diffusent des hymnes assourdissants.
Ensuite les soldats,
superbement attifés, marchent au pas cadencé en levant les jambes à hauteur de nez, font de brusques demi-tours,
manipulent leur fusil avec férocité, imperturbables sous les aboiements
de leur chef à la bacchante grouchomarxienne et les ovations de l'assistance déchaînée.
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Ce n'était encore que le tout début, les gradins étaient ensuite complètement remplis

Etudiants et écoliers viennent ou sont amenés par classes entières assister au cérémonial


De l'autre côté, c'est exactement la même chose, Pakistan zindabad !, et nous qui en venions
nous trouvions ces débordements nationalistes affligeants. On aurait préféré que des enfants de chaque pays se rencontrent au centre
et s'échangent des fleurs...
Le bus qu'on prend pour ralier Amritsar, à quelques dizaines de kilomètres. Pas de problème d'ordinateur de bord ou
d'ABS. On met le contact en faisant se toucher les fils à nu du démarreur, les feux s'allument avec une épissure
temporaire... mais le klaxon, lui, est impeccable !
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