ORCHHA
 

31 mars

En route pour Orccha, on a la bonne surprise de découvrir une route à quatre voies séparées par un terre-plein, au lieu de la piste étroite et cahoteuse qu’elle a remplacée. Du coup on roule assez bien malgré les vaches, les charrettes, les bus et les camions qui arrivent de temps en temps à contresens. D’ailleurs, on en voit un ou deux renversés sur les bas-côtés. La route disparaît parfois, mais elle réapparaît plus loin... Régulièrement, un poste de police dresse une barrière qui se lève après de mystérieux conciliabules et versements de quelques roupies.
On traverse des villages misérables, huttes de branchages, maisons de brique, de toile, jamais finies. Des cabanes en planches montées sur pilotis, d’à peine un mètre carré, servent de magasins. Le paysage est plat à l’infini, poussiéreux, tous les cours d’eau sont à sec. De temps en temps s'élèvent de part et d'autre de la route qui se dégrade d'anciens palais monumentaux.
Puis le paysage devient plus verdoyant, champs de blé, de canne à sucre, de légumes, des palmiers et des bougainvilliers. Les récoltes se font à la serpe, les semis avec un char à boeufs au soc de bois, ce qui donne un peu l'impression de se trouver dans une peinture médiévale. Les maisons deviennent plus propres, souvent peintes en bleu, et nous arrivons à Orchha.

© Frédéric Jeorge - Tous droits réservés


Nous avons été totalement séduits par Orchha, ancienne capitale surnommée "le joyau du Madhya Pradesh" ou "l'âme de l'Inde". Ce n'est plus qu'un petit village serein au milieu d'une superbe campagne, dominé par l'énorme palais Jahangir Mahal.

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Nous nous sommes promenés dans ce palais délabré et désert, qui dégage un charme tel que l'on imaginait se retrouver au temps de sa splendeur.
On l'a visité avec précaution, de crainte que les chhatris (ces dômes perchés sur des grêles colonnettes) ne nous tombent sur la tête. En effet, le manque de moyens et d'entretien met en péril ces chefs-d'oeuvres fragiles qui s'effondrent peu à peu.

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A l'origine ce palais était recouvert de faïence turquoise et cobalt, qui le faisait scintiller comme un bijou. Aujourd'hui, on ne les devine plus qu'à certains endroits inaccessibles aux pilleurs, où se dessinent encore la trompe d'un éléphant, la croupe d'une vache ou des restes de motifs géométriques et floraux.
En-dessous, vue sur la campagne depuis le palais.

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En compagnie d'un villageois, nous avons escaladé le temple Chaturbhuj jusqu'au sommet de la tour, d'où le point de vue sur les alentours est vertigineux. Les escaliers taillés dans les murs étaient de plus en plus étroits, abrupts et sombres à mesure que l'on montait, les marches des derniers niveaux faisant 60 centimètres de haut pour à peine 10 de profondeur.

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Coucher du soleil sur les cénotaphes royaux, gardés par des vautours qui évoquaient tout à fait ceux du Livre de la Jungle.

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A la nuit tombée, nous avons été invités à assister à une cérémonie religieuse au temple Ram Raja, récemment repeint de couleurs acidulées, après avoir laissé à l'entrée, outre nos chaussures comme d'habitude, tout objet en cuir.
Puis nous sommes allés dormir au palais dont une aile a été transformée en hôtel gouvernemental. Personnel gentil et plein de bonnes intentions, mais le résultat n'est pas à la hauteur des prétentions...