Lahore  
     Une arrivée en vitesse ! Atterrissage à Delhi à minuit, on prend un mini-bus et on attend le premier train de 6h30 pour Amritsar qu'on atteint en début d'après-midi. Il se fait déjà tard, on attrape un rickshaw qui nous dépose à 15h30 à la frontière, laquelle ferme à 16h. On la passe donc de justesse, au grand étonnement du douanier qui tamponne nos passeports en remarquant qu'on est arrivés de France le jour-même.

     Nous voici au Pakistan. Dès le bus pour Lahore, l'atmosphère change ; nous sommes en effets séparés, Frédéric avec les hommes à l'arrière tandis que Liliane, son foulard dûment en place, voyage avec les femmes regroupées à l'avant, derrière une cloison.

     "On a mis plus d'une heure à arriver au niveau de la gare de Lahore. Faubourgs interminables et absolument affreux. Incroyable comme les hommes arrivent à se faire vivre dans des endroits horribles et d'une saleté repoussante. Route en construction, tas de boue, d'ordures, buffles, moutons d'une taille impressionnante, chiens errants, chats étiques, chèvres maigres. Les maisons sont des cubes de béton brut, jamais finies ni peintes. Dans le bus je me cache derrière mon foulard car la pollution et la poussière sont terribles. Les femmes qui montent me dévisagent, je leur souris et elles me répondent spontanément."

Billets de bus



Vue générale de Lahore depuis le Fort


Le Minar-I-Pakistan, dans le parc Ikbak, construit en 1960, plus haut bâtiment de la ville avec ses 60 mètres.


L'un des rares bâtiments modernes, dans le quartier administratif.


Le mall, artère commerçante longeant la vieille ville.


Grande promo sur les échafaudages ;-)



     Lahore est riche de belles maisons anciennes aux façades de bois ouvragé, malheureusement complètement délabrées et en grand danger de disparition. Sinon, la plupart des constructions sont de briques et de ciment brut, sans aucun charme... mais parfois, on a la surprise de trouver des bâtiments peints de couleurs éclatantes.


Ci-dessus, l'ancien hôpital ayurvédique




La pimpante "Food street", peu représentative mais bien sympathique.





On ne croyait pas ça possible, mais les rickshaws arrivent à être encore plus petits qu'en Inde ! Ils sont aussi soigneusement clos de portes (attention au retour de ressort !) pour épargner aux messieurs l'indécente vision des femmes hors de chez elles.


Moyen de transport urbain le plus répandu après les rickshaws, ces mini-bus à base de petite moto transportent jusqu'à une dizaine de personnes. Pas mal pour un 100cc...




     Il reste beaucoup de traction animale, charettes à buffles, âne, mule, cheval. Dès qu'on s'éloigne du centre, les taxis deviennent surtout des tongas, comme ci-dessous.









     Le poulet est la principale viande utilisée dans la cuisine pakistanaise et l'inquiétude croissait avec la menace de la grippe aviaire. De façon générale les plats, modérément épicés, comprennent beaucoup de tomates, oignons, pommes de terre, lentilles et riz. Ils sont accompagnés de roti (pain de farine non levée) et de naan. On a trouvé la cuisine plutôt bonne : karai (croquettes de légumes), poulet tandoori, kofta (boulettes d'agneau), samosas... Les desserts sont à base de semoule et de sirop de sucre : jalebi (de couleur orange vif), barfee (au lait condensé), yaourt de lait de chèvre, fruits frais et secs. On boit du thé à longueur de journée et l'alcool est complètement banni.



     "LE musée étant fermé le vendredi, on refait un tour dans les rues du bazar, très animées, très polluées. Rue des tissus : certains superbes, costumes de mariés, shalmar kameez brodés, magnifiques. Réparateurs de Moulinex antédiluviens, vendeurs de savons, de tiges en fer rouillées, de jantes hors d'usage, de poulets vivants déjà à demi plumés ou sous forme de carcasses dont on racle même les os. On s'est arrêté dans un bouiboui pour prendre un thé : "The world famous food prepared by Yaasin Hotel" ! Régulièrement des hauts-parleurs diffusent des appels de muezzins (personne n'interrompt ses occupations) ou des sortes de diatribes assez pénibles vue la qualité du son. Frédéric s'est fait couper les cheveux, selon sa bonne habitude, record battu pour un salon des plus corrects (quoique sans eau) : 0,75 Euros."



     Une industrie florissante au Pakistan : la manufacture et la contrefaçon d'armes à feu. Ci-dessus, une simple boutique dans le bazar, entre un tailleur et un épicier. Des millions d'armes non déclarées seraient en circulation. A l'américaine, quoi ! Le village de Darra Adam Khel, dans les zones tribales du nord, est d'ailleurs spécialisé dans la fabrication de toutes sortes de revolvers, fusils, mitraillettes etc. Il paraît qu'en fournissant à ces artisans originaux un modèle d'arme, quelle qu'elle soit, on peut obtenir en une semaine une réplique parfaite, et quelques jours de plus suffisent à passer à la production de masse...





Fabrication de... fromage ? ci-dessus et dégustation de thé au soleil couchant, ci-dessous.



     Le 9 février, c'est la célébration du martyre de Cheikh Hussein au cours de laquelle les hommes se flagellent symboliquement. Toutefois, les plus motivés prennent la chose au pied de la lettre et se fouettent réellement, certains allant jusqu'à fixer des lames aux lanières... Résultat ci-contre.



     L'un des hôtels les plus sympathiques qu'on ait jamais fréquentés. On n'a pas dit confortable ni bien tenu... Mais ambiance extra, musique live superbe par un groupe Soufi, et Malek, patron exceptionnel qui vous emmène dormir chez lui quand il n'y a plus de lits disponibles. Eau filtrée à volonté, cuisine et lave-linge (des années cinquante, certes) à disposition, shalmar kameez offert, à choisir dans un vestiaire d'occasion. On y vient des quatre coins du monde à pied, à moto, en bus, on y reste deux jours ou deux mois, on se retrouve sur la terrasse (ci-dessus) à échanger tuyaux, bouquins et... tabac.