Avec une admirable efficacité, la Croix-Rouge avait déjà installé des relais sur les quais. Nous avons patienté un moment, mais que faire ? Pas question de rentrer chez nous évidemment. Donner un coup de main pour les secours ? Dans le feu de l'action, sans compétences particulières et dans une langue étrangère, même bien maîtrisée, nous aurions été plus gênants qu'autre chose. Nous avons alors décidé de nous signaler aux autorités françaises, ne serait-ce que pour préciser que nous étions toujours en vie. Mais l'ambassade était dans les tours... restait donc le consulat, le long de Central Park. Tous les transports étaient bien entendu paralysés, nous sommes donc partis à pied, pratiquement en pyjama, mais dans le chaos ambiant, c'était bien le dernier des soucis.

En chemin, les hôpitaux avaient lancé une vaste campagne de dons de sang d'urgence pour faire face à l'afflux de blessés. Ils n'ont pas voulu du nôtre, Français = vache folle… tant pis, surtout qu'ils n'ont pas eu besoin de tant de sang que ça finalement, les gens avaient soit survécu à la catastrophe, soit pas, il n'y avait pas vraiment d'intermédiaire.