Nous avons fini par atteindre le consulat, où les gardes ne voulaient pas nous laisser rentrer. On n'avait pas nos papiers, forcément. On a fini par les convaincre, et on s'est retrouvés devant une parodie du fonctionnaire franchouillard, avec une bacchante en guidon de vélo, l'air pas du tout au courant, pas motivé pour noter nos coordonnées, que dalle. Bon sang, c'est pas tous les jours qu'une ambassade de France est détruite, bravo l'accueil dans les cas extrêmes ! Il nous a quand même proposé un hébergement - mais on pouvait se débrouiller - et on s'est retrouvés dehors. Dans le ciel toujours aussi bleu, le sud fumait comme si un volcan venait d'y naître.

Nous avons ensuite passé deux jours chez des amies à Chinatown, juste en bordure de la zone évacuée, rivés à la télé, essayant sans cesse de joindre nos familles pour les rassurer, mais les réseaux étaient bien sûr saturés en permanence.


Photo du consulat trouvée sur Internet