Réaction en Chaîne 0001

    L'air est plus frais encore à l'ombre des maisons séculaires, il y fait presque froid mais le soleil qui monte rapidement va se charger de réchauffer tout ça. Vous marchez à grands pas, regardant partout autour de vous avec délice. Cette ville que vous n'abandonnez à chaque fois qu'avec regret est vraiment la votre. Vous y êtes chez vous et ce jusqu'à la fin des temps. Cette libraire, là, c'était autrefois votre échoppe de cordonnier, lors d'une période désargentée mais intéressante de votre vie.


DR    Et ce restaurant, en face. Il est là depuis deux siècles. C'est là que vous avez demandé Camille en mariage, de façon fort peu traditionnelle.


    Camille... Elle est morte à peine deux décennies plus tard, emportée par la peste, comme une bonne partie de la population d'Amsterdam à l'époque. Vous étiez médecin alors, et avez bien souvent attrapé cette infection terrible en tentant envers et contre tout de soigner les malades. Mais votre organisme n'était, et n'est toujours pas, de ceux qui se laissent vaincre par un virus, et en quelques heures vous recouvriez la santé. Camille, non. Elle n'était qu'une mortelle. Vous revoyez souvent dans vos cauchemars son visage angélique dévoré de fièvre puis pâle et à jamais immobile, sa bouche adorable figée dans un rictus bien éloigné du sourire si doux que vous aimiez tant.


    Vous vous retournez vers votre maison actuelle dont vous voyez encore un pan de mur, à l'autre bout de la ruelle. Peut-être ne devriez vous pas vous attacher comme vous le faites à des mortelles. A chaque fois, la fin vous déchire le coeur.


    Le soleil montant ne réchauffe finalement pas vos membres parcourus par un frisson triste. L'Immortalité... Pourquoi ? A quoi bon si on ne peut en faire profiter ceux que l'on aime, si l'on ne peut les protéger de la mort ?


    Que faites-vous ?

    Vous rentrez chez vous, tourmenté par ces sombres pensées qui vous coupe l'envie de vous promener.
    Rentrer chez vous

    Vous continuez votre promenade, en tenant de chasser ces idées noires de votre tête.
    Continuer votre promenade

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