Réaction en Chaîne 0002

    L'humidité qui monte du canal endormi lutte contre la chaleur montante du soleil levant. Lutte éternelle, dont l'issue n'est jamais sûre ici, à Amsterdam. Aujourd'hui pourtant, il semble que la lumière gagne, car la brume reflue des quais au ras de l'eau et y disparaît complètement, cédant la place aux mille étincelles miroitantes de l'astre du jour.


    Vous marchez du pas assuré de celui qui en a l'habitude sur les pavés inégaux. Des voitures, heureusement peu nombreuses, stationnées entre les arbres déparent un peu le décor, sans quoi vous pourriez vous croire revenu un siècle en arrière tant la vieille ville est préservée.
    Cette cité est votre depuis toujours. Elle a bien grandi depuis votre naissance au XIVeme siècle, mais elle a su conserver cette ambiance unique, qui cumule celle des ports, des voyages et du commerce à celle des villes d'arts.

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    Ici, chaque façade vous rappelle quelque chose, et vos souvenirs sont si nets que vous savez identifier chaque changement apporté en cent ans aux magasins, aux maisons et aux ponts. D'ailleurs, la boulangerie à droite, là, est à l'emplacement où vous aviez à l'époque votre cabinet de docteur. Vous regrettez, et ce n'est pas la première fois, de n'avoir pas tenu à jour vos connaissances en médecine. Ce que vous saviez alors est totalement dépassé par la science moderne, et votre apparence est trop âgée pour passer inaperçu sur les bancs d'une fac de médecine.
    Vous aimiez pourtant bien être docteur. C'était une façon de compenser une part de votre immortalité en aidant les mortels souffrant. Quoique avec le recul, vous vous êtes rendu compte que certains des remèdes que vous prescriviez étaient bien plus à même d'achever le patient que de le guérir, mais vous faisiez avec les connaissances de l'époque. Et vous avez toujours été convaincu que ce qui comptait plus que les soins était l'attention portée aux malades.


    Vos pas vous ont conduit au coeur du centre ville qui s'éveille de plus en plus. Les premiers cafés ouvrent leurs portes, les volets s'ouvrent sur les façades, les écoutilles des péniches laissent échapper de bonnes odeurs de chocolat chaud. Tout cela vous met en appétit, et vous décidez de rentrer préparer un bon petit déjeuner pour Maria. Cependant rien ne presse. Que décidez-vous ?


    Vous rentrez directement, pour que tout soit prêt à son réveil.

    Vous faites un détour pour passer par les petites rues et prolonger cette promenade agréable.

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