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Attraction majeure du pays, dont se contentent la plupart des touristes en court séjour, le Cercle d'Or est une boucle d'une petite journée à l'est de Reykjavik. Il comporte quelques sites historiques et géologiques qui sont un peu un résumé du pays, c'est pourquoi nous avons attendu la fin du voyage pour le visiter. La route qui y mène traverse les inévitables immenses plaines volcaniques et désolées, quelques prairies où s'accrochent des hameaux miniatures dont seule l'église se voit de loin, et toujours la terre torturée et retournée par l'intense activité du sous-sol.



Sur les rives du lac Þingvallavtn (ci-dessous), outre quelques chalets de vacances pour les gens de la capitale en quète de grands espaces sous la main, quelques cairns et runes tracées en cailloux, dont on ne saurait dire si c'est une tradition ou un import récent. Mais dans ce paysage, ça rend bien. Les fées ne sont sans doute pas loin.



Þingvellir est la plaine du Parlement, un lieu qui cumule l'histoire et la géologie de façon étonnante et symbolique. D'une part, cette plaine est située pile sur la faille séparant l'Europe et l'Amérique du Nord, qui continue de s'écarter de 5mm par an. On voit très nettement la déchirure de la terre et il n'est pas difficile de "recoller" les deux côtés, tout comme on voit nettement l'emboîtement de l'Afrique et de l'Amérique du Sud par exemple. Mais là c'est en direct, si actif que le changement se produit visiblement pendant la période historique.



D'autre part, c'est le berceau de la démocratie en pleine période féodale. A partir du Xème siècle, la cinquantaine de chefs de clans se retrouvaient dans ce champ de lave pendant quinze jours chaque année, avec des fêtes, des concours sportifs, et surtout la résolution des conflits et la définition des lois. Actif de 930 à 1262, ce parlement en plein air a perdu de son importance quand le pays est passé sous contrôle danois, mais a conservé son rôle de cour de justice jusqu'à la fin du XVIIIème. Et le 17 juin 1944, c'est encore ici, à l'ancienne, qu'a été proclamée l'indépendance du pays.



Les huttes vikings ont bien sûr disparu, mais leurs emplacements sont toujours matérialisés et expliqués par des panneaux. Ci-dessous au centre, bel exemple de lave cordée. A droite, les multiples îles sur le lac, le plus grand d'Islande.





La faille qui traverse toute la zone (et même le pays, et toute la plaque océanique en fait) est encore bien visible ici, avec ses énormes cristaux de lave effondrés que la mousse n'a que le temps de recouvrir avant le prochain mouvement tectonique. On a conscience de notre inconscience, à marcher ainsi sur une énorme faille et se balader sur les plus puissantes forces de la planète contre lesquelles on est totalement désarmé.








Le site suivant se repère de loin. Et en l'approchant... on peut hésiter à continuer à marcher ! Rarement l'activité géothermale est aussi visible qu'ici. Soigneusement encadrés de cheminements piétons qui délimitent les zones d'éclaboussures à éviter, et qui rappellent à quel point l'eau jaillie du sol est chaude, nous sommes dans un champs de geysers. Dont le nom vient de l'un de ceux d'ici, le Gesyr, mais ce n'est plus lui qui attire les foules, il est calme depuis quelques décennies. Les cratères prennent vie à tour de rôle, certaines années sans presque rien, d'autres où ça n'arrête pas. Certains sont réguliers comme des mécaniques, d'autres totalement imprévisibles... En tous cas c'est impressionnant, surtout avec la forte odeur soufrée qui domine l'ensemble.





Celui qui fait le show en ce moment, c'est le Strokkur, qui toutes les 10 à 15 minutes s'élève de 10 à 15 mètres, parfois 30 quand il est en forme. Tout le monde le guette, l'oeil sur le viseur, près à détaler s'il crache un peu fort, et rien ne se passe. Soudain, en une seconde, un bouillonnement en surface, le niveau baisse un instant puis une énorme bulle se forme... et pchitt ! Pour le découvrir en vidéo (pas la nôtre, l'appareil ne filmait pas encore), cliquez ici .





Autour des cratères, les minéraux, quelques organismes extrêmophiles et les caprices de la nature forment des tableaux abstraits du plus bel effet. A côté du site, qui s'étend sur 3 km², un lodge abrite une boutique (avec notamment pas mal de souvenirs ironiques sur le nom de l'Eyjafjallajökull, celui qui a donné tant de sueurs froides aux journalistes qui devaient le prononcer quand il a bloqué le ciel européen en 2010), ainsi qu'un musée sur la géologie à fleur de sol de ce drôle de pays.




Encore un peu plus loin dans cette région décidément bien dotée, se trouvent les magnifiques gorges de Gulfoss ("la chute d'or", en référence à ses arcs-en-ciel très kitsch), longues de 2,5 km. L'héroïne locale Sigríður Tomasdottir, dont la stèle domine la cascade, est une riveraine qui à force de détermination a réussi à sauver le site de la construction d'un barrage hydroélectrique au début du XXème siècle. La particularité de cette chute est de se déverser dans une étroite gorge perpendiculaire à la rivière qui l'alimente.








Derniière étape à Skàlholt qui fut au XIème siècle la plus grande ville islandaise, siège du premier évéché et centre de la vie culturelle. Mais ça, c'était avant. Entièrement détruite par le séisme et l'éruption de 1785, elle s'est effacée jusqu'à la construction d'une cathédrale en 1963 pour le millénaire de l'évéché. La crypte est intéressante à visiter, avec les restes d'un tunnel permettant de gagner l'église depuis le village sans se mouiller... ou de se protéger en cas d'attaque.



Juste à côté, ravissante chapelle en bois couverte d'herbe.