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L'essentiel du parcours se fera sur la route numéro 1. Pas trop le choix, c'est pratiquement la seule du pays, elle en fait le tour complet. Direction le sud-est, à travers une vaste plaine volcanique qui s'avère fort sinistre, entre le sol couvert de mousse jaunâtre et les nuages bas qui la reflètent et semblent tout aussi jaunes, on a déjà l'impression promise de se retrouver sur une autre planète ! Mais en approchant de la côte, le temps se lève, les couleurs renaissent, et ça devient très joli.



Çà et là, des volutes de fumée, en pleine nature ou à l'occasion d'usines géothermales, rappellent que l'on est sur l'une des zones les plus géologiquement actives de la planète. De temps en temps, une maison au milieu d'un grand rien, même pas de champs, et l'on se pose déjà une question qui sera récurrente pendant tout ce voyage : mais que diantre font les gens qui vivent ici ? Au moins en bord de mer il y a encore un peu de pêche.





Arrêt au village très coloré d'Eyrarbakki (ci-dessus), ancien port de pêche qui a su conserver son patrimoine, et notamment "Hùsid", "la maison", vaste demeure d'un négociant de 1765 où a été reconstitué le mode de vie des notables et des pêcheurs d'antan (ci-dessous). Parmi les détails à noter, la biographie d'une sage-femme très en avance sur son temps qui a lutté toute sa vie pour l'amélioration de la condition des femmes. Pour les gens du peuple, que l'on découvre dans le petit musée maritime à côté, la vie était effroyablement dure.



Peu avant Porsmörk (en fait ça ne commence pas par un "P", mais une lettre qui lui ressemble avec une barre verticale qui monte plus haut, et qui fait en fait le son "th" comme en anglais), une première cascade scintille sous le grand (et très rare, on a du bol) soleil de printemps. La température ne dépasse cependant pas quelques degrés.





La route se prolonge, décidément magnifique et déserte, entre les prairies, les petites fleurs, quelques maisons de hobbits effondrées, des chevaux, des rivières... Ce qui manque ? Les arbres ! Pratiquement inexistants sur l'île, ils obligent à lancer des cailloux pour jouer avec les chiens de rencontre, faute de bâton.





Une majorité de véhicules ici sont des 4x4, parfois énormes : ce sont les seuls capables de quitter le bitume pour s'aventurer plus à l'intérieur des terres. Ci-dessous, étape à Skogarfoss. Les chutes sont déjà impressionnantes vues d'en bas, avec 60 mètres de haut, et pour en voir encore plus on peut grimper un raide escalier de métal, enjamber les barrières à moutons et partir en randonnée plus ou moins longue sur le plateau d'où elles se jettent.





Une sorte de toundra rase, composée essentiellement de mousses noires et jaunes et parfois de petites fleurs courageuses, s'étend à perte de vue jusqu'à disparaître dans les nuages qui masquent notamment les glaciers Myrdalsjökull et Eyjafjalajökull. Vous savez, celui dont le volcan a fait joujou avec l'espace aérien européen en 2010...





En contrebas, un autre musée sur les pêcheurs présente de nombreux objets de leur quotidien si rude qu'on se demande comment la population a pu survivre, entre le climat quasi polaire (le Groenland n'est qu'à quelques centaines de kilomètres plus au nord), le sol fertile mais incultivable, la mer déchaînée, les éruptions, les famines, les épidémies... D'ailleurs, il n'y a jamais eu grand monde par ici, et même de nos jours, on ne compte que 300.000 Islandais en tout, à peine de quoi peupler une ville moyenne en Europe continentale.


Ci-dessus de gauche à droite, des chaussures "jetables" en peau de poisson (il fallait partir avec plusieurs paires pour la journée tellement elles s'usent vite), des gants de pêcheurs avec deux pouces (comme ça quand la paume est usée, on retourne le gant et il peut encore servir un peu), un harnais en os de baleine pour descendre à flanc de falaise chercher des oeufs d'oiseaux marins, et enfin quelques robes du dimanche. A gauche, une coiffe traditionnelle, à droite un pull "lopi", qui fait partie des symboles du pays. Le plus difficile à imaginer est l'absence totale de matériaux de construction disponible. La principale source de bois était celui des épaves échouées sur les plages !




De temps en temps, on trouve encore des habitations semi-troglodytes, adossées aux falaises torturées ou enterrées dans la plaine volcanique. Il s'agissait sans doute de se protéger du vent glacial, et d'économiser des matériaux. Aujourd'hui, la plupart semblent abandonnées ou au mieux utilisées comme étables.





Le skanzen (rassemblement de maisons traditionnelles sauvegardées sous forme de musée en plein air) de Byggdasafind I Skógum permet de découvrir ces bâtisses, les plus rustiques à peine plus que des trous recouverts de branches, les plus modernes véritables maisons de bois à un étage. Les toits sont souvent recouverts d'herbe et de mousse, comme en Scandinavie... sans surprise, l'Islande étant peuplée des descendants directs des Vikings. D'ailleurs, leur langue est restée pratiquement celle des sagas des conquérants, qu'ils peuvent toujours lire dans le texte.



Ci-dessous de gauche à droite et de haut en bas : une grange miniature, une chambre commune (toute la famille partage une seule pièces, les lits étant séparés par de petites cloisons), une cuisine avec une trappe donnant sur l'étable voisine (la plupart du temps, l'étable est sous la maison pour fournir un chauffage naturel), le salon d'une maison bourgeoise (dont les pièces restent minuscules), l'église très colorée et l'école. En bas, une girouette, une lampe récupérée, tout comme le bois des cloisons, des débris d'un navire-hôpital échoué, et d'étranges reproduction miniature des maisons - mises à disposition des fées, toujours honorées de nos jours ?




Juste à côté, un musée est consacré à l'évolution des transports et des moyens de communication en Islande, qui n'a pas toujours été une sinécure. Voitures équipées de chenilles, sabots cloutés pour les chevaux, véhicules lourdement modifiés pour résister au froid... mais aussi les premiers téléphones, véritable révolution pour les hameaux jusque là totalement coupés du monde une grande partie de l'année. Et puis Internet, et la prospérité de la Big Finance... jusqu'à l'éclatement récent, mais dont le pays semble bien se remettre.





En poursuivant la route vers l'est, entre la mer et les glaciers, on roule le long de plages noires, qui donnent un peu l'impression de voir le paysage partiellement en négatif.



Le point le plus oriental de notre périple est Vik, à peu près à mi-chemin de la côte est, petite bourgade propre sans rien à faire, avec sa jolie église rouge sur la falaise et ses plages noires. C'est censé être l'endroit le plus pluvieux d'Islande, mais le grand beau temps (qui ne veut pas dire chaud) se maintient.



Nous dormons à l'hôtel Puffin Welcome, très basique mais bien dans la norme du pays, avec ses chambres riquiqui (notez la corde qui traîne au sol : c'est à jeter par la fenêtre pour servir de sortie de secours !). Le repas aussi est emblématique de ce qui va nous sustenter pendant cette balade : soupe lyophilisée, nouilles chinoises, pain et fromage, avec un peu de Skyr, l'excellent fromage blanc un peu aigre, spécialité islandaise. Bah oui, à pays hors de prix, il faut savoir s'adapter ! Par exemple : les draps sont généralement à louer en plus de la chambre, même les couvertures sont à 5€ de plus. Mais les hôtels disposent souvent d'une petite cuisine pour la popote.