| Boukhara - Centre | ||||||||||||||||||||
![]() ![]() ![]() Les écussons et banderoles commémoratives des 20 ans de l'idépendance étaient omniprésents. ![]() ![]() Des exemples de miniatures de Farrukh, celle ci-dessous étant peinte au café ! ![]() ![]() Le minaret de Kalon est une succession d'anneaux de briques cuites, aux motifs tous différents. ![]() |
A 450 kilomètres au sud de Khiva, au coeur du Kyzyl Kum (le désert rouge) se tient la très ancienne ville-oasis de Boukhara, plusieurs fois détruite (par Genghis Khan, Tamerlan...), aujourd'hui restaurée. Mais... elle se mérite. Le bus cahote pendant une bonne dizaine d'heures sur une piste ensablée, avec une moyenne digne d'un vélo crevé, et on s'est même rendu compte après coup qu'on avait coupé par le nord du Turkménistan ! Heureusement que les soldats montés à bord avec leurs mitraillettes ne nous ont pas inquiétés. La fin de la route s'améliore, peut-être pas encore au point de mériter son nom d'"autoroute", et on finit par arriver. Crevés, un peu perdus, arnaqués évidemment par le taxi, au vu des rues défoncées et des bâtiments délabrés, la première impression n'est pas excellente...
Et puis, après une bonne douche, on repart et là... l'impression change. Ah oui, d'accord, c'est ça aussi la célèbre Boukhara ! Ci-dessous, l'ensemble Liab-i-Khaouz, avec ses mûriers séculaires et ses monuments extraordinaires. Ce vaste bassin (45 x 36 m.) aménagé en 1620 est l'un des survivants de la centaine que comptait la ville à l'époque de sa grandeur - un exploit en plein désert ! Les gens se réunissaient dans ces piscines pour discuter, tout en se lavant et en buvant l'eau. Mais comme elle n'était pas souvent changée, les maladies se propageaient allègrement et abaissaient l'espérance de vie à 32 ans. Ça faisait cher du petit bain. Les Bolchéviques ont mis fin à cette coutume et modernisé le système de canaux. ![]()
![]() Le pishtak ci-dessus à droite ne vous interpelle-t-il pas ? Comme un autre que vous verrez à Samarkand avec des tigres, c'est une entorse à la règle islamique, qui interdit toute représentation humaine ou d'animaux. On distingue ici un soleil a visage d'homme, des oiseaux et des... moutons ? agneaux ? C'est le portail de la madrasa Nadir-Divanbeg, à l'est du grand bassin.
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La ville compte plusieurs bazars couverts, comme le Tak-i-Sarrafan du XVIe siècle, avec la "coupole des changeurs". Ce sont les Juifs qui manipulaient l'argent, activité mal considérée par les Ouzbeks d'alors. Il paraît que la mosquée servait de synagogue le soir, preuve qu'il est possible de s'entendre ! Les couloirs et les portes hauts et larges permettaient aux chameaux chargés de marchandises de circuler sans encombre. Comme ceux de Kaboul (qui n'est pas si loin) que le livre de Khaled Hosseini (et le film de 2007) ont rendus célèbres, les cerfs-volants sont un jeu populaire chez les enfants, qui organisent même des combats en plein ciel. Un vieux sac en plastique, deux fils de fer, un ruban de vieille cassette vidéo en guise de queue, et paré au décollage ! ![]() ![]() Les coupoles des marchés comme des monuments sont richement décorées. Ci-dessous, le dédale du Tim Abdullah Khan, un magnifique magasin de kilims et de suzanis, les tissus traditionnels. Des ouvertures ingénieuses dans les voûtes laissent entrer la lumière tout en retenant la fraîcheur. ![]() Ci-dessous à gauche, chambre d'hôtel décorée, installée dans une ancienne demeure. A droite, c'est la boutique de Farrukh, un jeune artisan excellent : boîtes en papier mâché et miniatures d'une grande finesse et originales : pour certaines, il utilise du café en guise de pigment.
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Ci-dessus à droite, l'énorme minaret Kalon construit en 1127 par le Karakhanide Arslan, ne servait pas seulement à appeler les fidèles à la prière (la voix des muezzins portait à 8 kilomètres) : au XVIIe, c'est de son sommet à 48 mètres que l'on jetait les condamnés et les "impurs". C'était aussi un phare guidant les caravanes dans le désert. C'est le seul et unique bâtiment que Genghis Khan a épargné quand il a rasé la ville, comme ça, en passant. Mitraillé en 1920 par les Russes, on distingue les zones plus claires où les impacts ont été réparés. La mosquée à son pied peut accueillir 10.000 fidèles.
Ci-dessus, la madrasa Mir-i-Arab, de 1535, a été financée par la vente de 3000 prisonniers perses, pourtant musulmans eux aussi, mais chiites, et donc considérés comme hérétiques et bons pour l'esclavage. Les mosaïques n'en sont pas moins somptueuses. De nombreux autres bâtiments, assez lourdement restaurés certes, sont tout aussi impressionnants. ![]() Ci-dessus la madrasa Abdul Aziz Khan, de 1652, vient tout juste d'être restaurée. En face d'elle, ci-dessous : Oulough Begh, de 1417. (A noter que comme dans tout le monde musulman, chaque nom est transcrit de nombreuses façons différentes, pas toujours facile de s'y retrouver, à moins de chercher une vague similitude en prononçant les noms à haute voix.)
![]() ![]() Promis juré, la photo ci-dessous est garantie sans retouche ! Le ciel rougeoyant du désert tranche terriblement avec l'éclairage vert Islam des bâtiments, autour du bassin. ![]() | |||||||||||||||||||
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