| Boukhara - Périphérie | ||||||||||||||||||||||||||||||
![]() Boukhara n'échappe pas aux vastes fresques patriotiques vantant l'avenir radieux de la nation, mais au moins, avec des enfants et des colombes au lieu des défilés militaires omniprésents dans d'autres pays, plutôt un bon signe. ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Détail d'une goutière dans le palais de la lune et du soleil, autre nom du palais d'été. ![]() Le parc du palais d'été, qui fait aussi jardin botanique, accueille de nombreux paons. ![]() Le bon goût et le raffinement traditionnels ne transparaissent pas toujours dans les décors modernes, tels les kitchissimes calendriers russes des hôtels. ![]() On ne dirait pas comme ça, mais c'est Liliane là-dessous. Il paraît qu'en fait on voit très bien, mais ce n'est pas une raison pour l'imposer. |
Au centre de la ville s'élève une colline artificielle de 20 mètres de haut. Constituée notamment des ruines des palais et forts précédents, datant de plus de 2500 ans pour les plus anciens, elle est ceinte de puissants remparts, parfois en piteux état, proprement restaurés ailleurs. Il s'agit de l'Ark, la forteresse de l'émir, symbole de la ville interdite, occupée jusqu'à son bombardement par les Russes en 1920. ![]() Sur la place devant l'unique entrée s'élevaient autrefois riches demeures et monuments, sans doute comparables au Registan de Samarkand, mais dont rien ne subsiste. En revanche, si ce fort est impressionnant de l'extérieur, faites des économies, n'y entrez pas ! On était si déçus qu'on a même réussi à se faire rembourser une partie des (chers) billets. C'est bien simple, il n'y a rien dedans, seule une toute petite partie est ouverte, jalonnée de vendeurs de souvenirs, et ne débouchant que sur des impasses sans intérêt.
Ci-dessus, un peu en retrait de la forteresse, ce fortin est l'ancienne prison, le Zindan, construite au 18e siècle pour rivaliser avec l'enfer, rien de moins. La pire condamnation était celle du puits noir, un trou de 6 mètres de profondeur où les prisonniers étaient oubliés au milieu des rats, des scorpions et de la vermine. Parmi eux, et ayant tout de même survécu plusieurs années (robustes et motivés les gaillards !), des envoyés de la reine Victoria qui n'avaient pas montré suffisamment de révérence à l'émir. Ils ont été exécutés, mais un troisième envoyé venu plaider leur cause a été épargné : un ecclésiastique dont l'accoutrement a tant fait rire l'émir qu'il lui a laissé la vie sauve. Ci-dessous, de l'autre côté de la place, la charmante mosquée Bolo Khaouz, avec ses fins piliers en bois de karagatch peints. C'est pour le coup que son joli minaret fait tout petit... Quand l'émir venait y prier, des tapis étaient disposés sur son chemin depuis l'Ark. ![]()
Ci-dessus, le mausolée Ismail Samani date quand même de l'an 905. Protégé par son enfouissement au cours des âges, il a été redécouvert mille ans plus tard. La nécropole autour a disparu, c'est devenu un parc, mais ce cube de 11 mètres de côté chargé de symboles montre la finesse de l'architecture ancienne.
![]() Un générateur de 50 W fournissait la première source d'électricité qu'on ait vue dans la région. On raconte que pour faire son choix dans le harem, l'émir Alim Khan observait depuis la terrasse ses femmes faisant trempette dans la piscine, et jetait une pomme à l'élue du jour. Ce qu'on voit depuis la terrasse aujourd'hui, c'est surtout la ville moderne qui vient se masser jusque sur le mur du vaste jardin de la propriété. ![]()
Quant à nous, nous logions de façon beaucoup plus modeste et très bleue à la pension Madina & Ilios (ci-dessus au centre). Pour les courses, les quartiers populaires proposent de nombreuses petites épiceries bien achalandées. Si le pays n'est pas réputé pour sa gastronomie, on s'est cependant régalés dans le restaurant cylindrique ci-dessous, tenu par une mère et ses filles, où nous sommes instantanément devenus des habitués. Kéfir salé ou sucré délicieux, samosas copieux et joli sourire en prime. Pour le trouver, au départ du bassin de la place principale et de son mauvais resto à touristes, longez le canal vers l'est, c'est à quelques minutes, au milieu de l'avenue.
En s'enfonçant dans les ruelles de l'est, plus ou moins modernes, le petit Chor Minor, à l'écart des groupes de touristes, dresse ses adorables quatre tourelles qui marquaient l'entrée d'une madrasa de 1806, aujourd'hui disparue. ![]() La maison de Feyzulla Khojaev fut celle d'un puissant marchand ayant comploté avec les Bolchéviques pour renverser le tyrannique Alim Khan. Récompensé par l'obtention de la présidence de la République populaire de Boukhara, il n'y a pas gagné au change car il a fini déporté avec toute sa famille par Staline pour s'être opposé à la monoculture du coton. Construite par son père en 1891, la maison à laquelle on accède après plusieurs cours dédiées au commerce et au stockage a été restaurée. Elle permet de voir les pièces meublées et décorées comme à la grande époque. Une très gentille guide fait visiter et offre le thé en faisant essayer des vêtements traditionnels, et en montrant un ancien berceau ingénieux : le bébé était ficelé très serré (comme on faisait d'ailleurs en Europe), avec en bonus un petit tuyau qu'on plaçait devant le zizi ou la zézette pour évacuer directement le petit pipi dans un récipient en dessous. Plus écolo que les couches lavables ! Mais on notre russe était trop limité pour demander ce qu'il advenait du petit popo.
Pas très facile à trouver cachée au fond d'une cour, la galerie photo de l'Iranien Shavkat Boltaev présente d'excellents clichés de la vie quotidienne de la région.
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